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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 17:01

Voici un premier extrait d'un petit livre du naturaliste anglais W.H. Hudson paru aux éditions Klincksieck : "Conseils aux chasseurs de vipères". W.H. Hudson est surtout connu pour ses récits naturalistes concernant l'Amérique du Sud, "Un flâneur en Patagonie" et "Sous le vent de la pampa" qui ne m'avaient pas laissé de souvenirs impérissables. Celui-ci, au contraire, m'a séduit par la simplicité et la clarté de son style ainsi que par la profondeur de certaines des réflexions qu'on y trouve. En voici un premier extrait...

M'abstenir de tuer a fait de moi un meilleur observateur et un être plus heureux, à cause du sentiment nouveau et différent que j'éprouvais envers la vie animale. Qu'était ce nouveau sentiment - et en quoi différait-il de celui que j'éprouvais quand j'étais chasseur et collectionneur, étant entendu que, depuis l'enfance, j'avais toujours eu le même intérêt passionné pour la vie sauvage ?
La puissance, la beauté et la grâce de la créature sauvage son accord parfait avec la nature, la correspondance exquise entre l'organisme, la forme, les facultés, l'environnement, avec la plasticité et l'intelligence adaptative de la machine vivante, chaque jour, à chaque heure, à chaque instant,pour faire face à tous les changements et à toutes les contingences, et ainsi, au milieu des mutations perpétuelles et des conflits avec les forces hostiles et destructrices, de perpétuer une forme, un type, une espèce pendant des milliers et des millions d'années ! Tout cela était toujours présent à mon esprit, mais ce n'était qu'un élément mineur du sentiment que j'éprouvais.
Le principal était la merveille et l'éternel mystère de la vie elle-même. Cette énergie formatrice, instructive, cette flamme qui brûle et brille à travers chaque être, qui perdure, meurt en en allumant une autre, et, bien que mourante, se perpétue à jamais. L'idée, également, que cette flamme de vie était une et que, dans toutes ces formes organiques, elle m'était apparentée, quelque différente qu'elle fût de la forme humaine. Non, le fait même que les formes étaient inhumaines ne servait qu'à en rehausser l'intérêt : le chevreuil, le léopard et le cheval sauvage, l'hirondelle fendant l'air, le papillon jouant avec une fleur, la libellule rêvant sur la rivière, la baleine monstre, le poisson d'argent et l'argonaute aux voiles rose et pourpre se gonflant au vent.
W.H. Hudson, Conseils aux chasseurs de vipère, Klincksieck 2015, pp. 21-22.

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Published by Nat Writing - dans Nature Writing
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  • : Aimant la nature, la randonnée la philosophie et les récits de voyages, je vous livre ici des extraits, parfois commentés, de livres que j'ai aimés, en rapport, et si possible à l'intersection, de ces différents sujets.
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